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Test Exit

Exit
Console : PSP
Type : Réflexion
Editeur : Ubisoft
Date Française : 15/12/2005

C'est toujours la même litanie qui revient lorsqu'on évoque la logithèque PSP, du moins celle proposée en Europe. Jeux pas vraiment originaux, portage sur portage, on ne peut pas dire que les titres audacieux se soient succédés jusqu'à présent. Heureusement, certains développeurs un peu plus futés ont pris conscience de cet état de fait, et commencent à sortir un peu de la logique mercantile du portage saucissoné. En témoigne Exit, jeu d'action-réflexion imaginé par les Japonais de Taito, en quête de produits originaux pour relancer un peu la machine.

Mr. Esc, le héros d'Exit, parti sauver la veuve et l'orphelin quand tant d'autres se seraient contentés de dénombrer les morts au JT. Décliné en dix situations de dix niveaux, correspondant chacune à un type de catastrophe (incendies, séismes, inondations), Exit vous demande donc de sauver un à trois sinistrés pris au piège en les conduisant le plus rapidement possible à la sortie du tableau. Parce que c'est bien de tableau dont on parle ici, à l'ancienne, avec dix fois le même décor et une difficulté progressive. Héros en apparence ordinaire, Mr. Esc pourra d'abord compter sur ses talents d'acrobate hors du commun, mais il lui faudra surtout réfléchir pour élucider les nombreuses énigmes à base d'objets, de leviers ou de blocs. Les rescapés, de morphologie différentes, pourront également venir en aide à Mr. Esc pour atteindre les endroits qui lui sont interdits, en se faufilant dans un trou de souris à la recherche d'une clé inaccessible, ou en poussant un objet trop lourd pour dégager le passage. Méfiance tout de même : en cas de suicide involontaire des victimes, Jet, le rival de Mr. Esc, interviendra tel le Rocketeer pour vous voler la vedette.

Si Exit a rapidement gagné en popularité dans les milieux autorisés, il le doit certainement à son style graphique néo-rétro d'une classe folle. On atteint ici des sommets en terme de 2D, un vrai tour de force, même, puisque les anims sont ici tellement fines et précises qu'elles donnent une véritable personnalité à de simples contours monochromes. Avec son chapeau jaune et sa cravate rouge, Mr. Esc dégage un charme unique, un vrai dandy super héros, l'héritier naturel des Princes de Perse et du héros de Flashback. Malheureusement, on en vient justement à se demander si les développeurs n'en ont pas justement trop fait.

C'est là tout le paradoxe d'Exit, un jeu si travaillé sur le plan visuel que le gameplay finit par en pâtir. C'est bien la première fois que l'on reproche à un jeu d'être trop bien animé, mais le fait est là : à trop vouloir décomposer les mouvements de son héros et ceux de ses compagnons, Taito a rendu la plupart des déplacements exagérément poussifs. Pire, contraignants. Car non seulement Mr. Esc est d'une lenteur éléphantesque dès qu'il s'agit de descendre un escalier ou de grimper une échelle, mais certains mouvements exigent aussi un timing ou une position particulière qui manquent clairement de naturel. Par exemple, il faut obligatoirement faire face à un rebord pour se suspendre et descendre d'un étage ; si vous vous étiez déjà tourné par réflexe, Esc s'accroupira au sol comme un bébé... De même, il est impossible de rebrousser chemin en grimpant une échelle ou un escalier ; il faut d'abord avoir gravi toutes les marches pour pouvoir redescendre. Ca paraît anodin dit comme ça, mais c'est le genre de situation qui se présente très souvent en fin de compte, et qui fait perdre à chaque fois de précieuses secondes. On peut toujours dire qu'il s'agit d'un jeu de réflexion, que chaque mouvement doit être pensé, blablabla, mais il n'y a rien qui puisse justifier une jouabilité aussi rigide. Le cas le plus frappant reste quand même cette redoutable inertie, venue tout droit de Prince of Persia, le premier, avec un temps de latence sur les sauts qui fait toute la différence en terme de précision. On ne compte plus les bonds ratés à cause d'un timing défaillant, et, très honnêtement, il n'y a rien de plus crispant que de manquer un saut en toute fin de mission pour avoir appuyé un dixième de seconde trop tard...

Regardons désormais le gameplay de ce chèr Mr Esc, dans le principe, à chaque fois que vous libérez un être en danger, nommé ici compagnon, vous avez le loisir de vous servir de lui à votre gré. Vous pouvez tout d'abord lui donner des ordres simples, comme par exemple de rester à sa place ou de vous suivre. La subtilité vient en réalité à partir du moment où vous utilisez le stick de la PSP. Alors que la croix directionnelle vous donne accès aux mouvements animés avec un rare brio de Mr. ESC, la célèbre "pastille" de gauche vous permet de diriger une sorte de pointeur, ressemblant dans sa construction à celui d'une souris.

Grâce à celui-ci vous obtenez la capacité de mener à la baguette vos divers compagnons. Il vous suffit pour cela de cliquer sur un ou plusieurs d'entre eux afin de les sélectionner puis choisir l'action à effectuer. Vous pouvez leur demander de rejoindre un point précis en l'indiquant du bout de la flèche, de prendre un objet par le même moyen, et d'utiliser ce dernier par le biais d'un double-clic sur l'icône le représentant. Ce principe de commandement se prend en main de façon étonnamment intuitive, donnant immédiatement la capacité de mener sa "troupe" avec une aisance insolente. Possédant chacun des possibilités qui leur sont propres, les victimes que vous tentez de sauver devront être mises à votre service de façon intelligente, sans quoi les divers pièges se refermeront sur vous sans pitié. En effet s'il existe des moyens d'aller plus ou moins vite à la fin d'un niveau, il ne reste souvent qu'une alternative pour le sauvetage, ce qui implique que le moindre faux pas vous obligera à recommencer l'épreuve. Un fonctionnement typique du puzzle-game à la fois stressant et passionnant. Pour faire rapidement les présentations, sachez que vous aurez à gérer trois types de gabarit, à savoir les adultes sans distinction particulière, les enfants, et les personnes enveloppées. Les premiers ne vous poseront pas de problème particulier, mais ne possèdent pas de capacités spéciales. Les enfants en revanche, nécessitent votre aide pour monter ou descendre de lieux trop élevés, mais peuvent passer dans des endroits exigus. Les compagnons bien en chair ont quant à eux une force physique accrue leur conférant le pouvoir de pousser des objets lourds, mais rendant impossible le moindre saut. De plus, il faudra vous faire aider d'un adulte "de base" pour aider ces corpulents personnages à gravir des obstacles. En sus, vous tomberez également sur des blessés ne pouvant se déplacer sans l'aide d'une civière, handicapant encore un peu davantage votre tentative de fuite. Au travers de ce fonctionnement digne d'un Lost Vikings à la puissance décuplée, vous aurez la douloureuse obligation d'utiliser votre matière grise avec discernement. Ne vous donnant jamais les pièces à imbriquer par avance, le jeu vous force à prendre en compte chaque possibilité, liée avec les compétences des compagnons présents.

Exit fait montre d'un équilibre ajusté adroitement, sans accrocs ni pertes d'intérêt. Vous devrez donc expérimenter cette science précise du jeu au travers de 100 niveaux, auxquels vous pourrez rajouter les 80 autres actuellement disponibles en téléchargement via le mode wifi de la PSP. A noter d'ailleurs que certains se révèlent tout simplement fantastiques. Au final, on pourrait donc se dire qu'Exit est la perle rare que tout joueur de PSP attend fébrilement.

Jouabilité 15
Pétri d'idées originales et novatrices, le gameplay du titre de Taito est une sorte de mélange intelligent et impromptu entre un schéma de puzzle-games et un jeu de plates-formes simplifié.
Scénario -
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Graphisme 16
Choisissant un parti pris osé et innovant, le jeu se pare d'un rendu somptueux, tirant ses inspirations de la bande dessinée américaine des années 70, du cinéma, et de l'animation plus récente.
Bande son 14
Certes, les différents thèmes présents dans le jeu font preuve d'un travail de composition de très bonne tenue mais le problème est qu'elles sont bien trop courtes, se relançant sans cesse et pouvant énerver assez rapidement.
Durée de vie 16
Possédant plus de 100 niveaux, Exit n'est pas prêt de se livrer totalement à vous avant de nombreuses heures d'acharnement, notamment dans la dernière ligne droite. Si toutefois vous n'en avez pas encore suffisamment bavé, vous avez la possibilité de télécharger des packs de missions sur votre PSP
Verdict 15 / 20